La fête du 8 Décembre
ou "Fête des lumières"
à Lyon
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Façade de l'hôtel de
ville
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![]() |
|
![]() La colline de Fourvière et sa basilique, le palais de justice au bord du fleuve. |
HISTORIQUE
De 1564 à 1643, à dix reprises, la ville est
ravagée par la peste.
Le 12 mars 1643, le Prévost des marchands et les Echevins placent la cité lyonnaise sous la protection de la Vierge Marie afin qu'Elle sauvegarde les intérêts de la ville, en particulier qu'Elle défende les habitants contre la peste : ils promettent d'effectuer, le 8 décembre de chaque année, un pèlerinage à Fourvière et d'offrir " la quantité de 7 livres de cire blanche en cierges et flambeaux pour le Service divin… et un écu d'or au soleil. Et ce pour disposer la Vierge à recevoir la ville en Sa protection ". Depuis lors, la peste n'a jamais reparu : on parle désormais de " la Vierge miraculeuse de Fourvière ", et beaucoup de familles placent son effigie sur la façade ou à l'angle de leur maison.
Entre 1832 et 1835, alors que le choléra ravage la France, les édiles renouvellent les vœux publics à la Vierge, et Lyon est épargné.
En 1851, on décide la construction d'un nouveau clocher, à trois étages, surmonté d'une nouvelle statue de la Vierge Marie, en bronze doré. L'inauguration est prévue pour le 8 septembre de l'année suivante, fête de la naissance de Marie. Mais une crue de la Saône envahit les ateliers, où l'on coule le métal de la statue, et fait reporter la cérémonie au 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception de Marie, selon la définition qui en sera donnée en 1854.
Le 8 décembre 1852, après la bénédiction de la statue par le Cardinal DE BONALD, une pluie violente oblige à remettre au dimanche suivant l'illumination de l'église et la procession. Mais, à la nuit tombante, la tempête s'apaise. Les Lyonnais décident spontanément de célébrer l'événement. Une multitude de bougies et de flambeaux apparaissent aux fenêtres et les habitants descendent dans les rues, un lampion à la main. La ville est bientôt transformée en une immense nappe scintillante et, au sommet de son clocher, la Vierge dorée est parée d'une majestueuse clarté. Symbolisant le triomphe de la lumière sur les ténèbres, ainsi que l'a voulu son auteur, F. FABISCH, professeur des Beaux-Arts à Lyon, la Vierge projette sur la ville, par réverbération, les rayons du soleil levant. Depuis lors, la coutume des illuminations s'est établi à Lyon et dans la région avoisinante. Les habitants continuent de descendre dans les rues pour admirer la féerie de la lumière et pour se réjouir ensemble.
En 1870, l'archevêque de Lyon fait le vœu d'édifier, à côté de l'ancienne église de Fourvière, une grande basilique pour contenir les nombreux pèlerins, si la Vierge Marie préserve la ville de l'invasion prussienne : or, malgré l'ordre qu'ils avaient reçu de marcher sur la ville, les envahisseurs arrêtent leur offensive à la hauteur de Dijon.
En 1872, le 7 décembre, la première pierre de la basilique est posée ; l'édifice ne sera consacré que 24 ans plus tard, en 1893. Les illuminations du 8 décembre à Lyon, effets de cette antique mémoire collective, renouvellent chaque année cette ambiance de fête profane et religieuse, la lumière contre la nuit, l'espérance conte la morosité, que viendront bientôt renforcer les fêtes de fin d'année, de cadeau et d'amitié.




